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Reprenons notre visite de Vézelay, la perle du Morvan, que nous avions commencée il y a quelques semaines.

Comme je l’écrivais, l’abbaye et son abbatiale – érigée au rang de basilique mineure en 1920 – ont été au cœur du développement extraordinaire de la cité, et ce, sur tous les plans : spirituel bien entendu, mais aussi artistique, économique et politique.

Nous avions pu admirer ensemble la belle basilique romano-gothique-remaniée-à-la-sauce-de-Viollet-le-Duc, ses chapiteaux imagés, son narthex impressionnant et ses voûtes puissantes. Intéressons-nous maintenant au village de Vézelay. Il regorge de richesses historiques et artistiques sûrement moins connues, mais formant un tout avec la basilique. Notons particulièrement :

Vézelay - La Cordelle

Vézelay – La Cordelle

Le couvent de la Cordelle, situé à quelques centaines de mètres derrière la basilique, à mi-pente, fut construit au XIIe siècle à proximité immédiate du rocher d’où saint Bernard prêcha la deuxième croisade. Le rocher existe toujours (l’avantage du minéral c’est que ça dure). De construction quadrangulaire (7m x 7m), se prolongeant par un chœur de même forme (3m x 3m), la chapelle Sainte-Croix du couvent, consacrée en 1152, est un exemple typique d’architecture romane d’une austérité toute monacale. Dès 1217, les frères franciscains s’y installèrent… et ils sont toujours là ! C’est la première implantation franciscaine en France, voulue expressément par le Poverello lui-même. Le lieu est simple et émouvant, loin du bruissement du reste du village, entouré de champs et de bosquets où chantent les oiseaux, très séraphique tout ça.

Vézelay - Rue Saint-Pierre

Vézelay – Rue Saint-Pierre

Par ailleurs, n’hésitez pas à flâner dans le village et pas seulement dans la rue principale (rue Saint-Etienne puis rue Saint-Pierre), gavée de restaurants et d’antiquaires.

Vézelay - Porte-Neuve

Vézelay – Porte-Neuve

Perdez-vous dans les ruelles attenantes et admirez les maisons du village ainsi que les beaux restes du rempart (cinq tours subsistent), notamment la Porte Neuve flanquée de deux tours à bossages, témoin des luttes franco-bourguignonnes, et qui a été le cadre d’une scène mémorable de la Grande Vadrouille. N’oubliez pas enfin les ruines de l’église Saint-Pierre et son clocher du XVIIe, les amateurs d’art sacré de l’an II ayant détruit le reste.

Vézelay - Le belvédère

Vézelay – Le belvédère

A droite de la basilique, vous pourrez voir une série de maisons quasiment identiques : c’est ce qui subsiste du quartier canonial, l’abbaye étant passée sous la coupe de chanoines séculiers au XVIe siècle, chaque chanoine occupant une petite maison. Aujourd’hui, elles servent d’ateliers à des artistes et artisans d’art en tout genre (du beau et du moins beau). La maison du doyen du chapitre, quant à elle, est située à droite de la basilique, sur le chemin conduisant au belvédère. De celui-ci, vous dominerez une partie du Morvan : collines moutonneuses, bois, champs et vaches. Vous pourrez admirer le village de Saint-Père, blotti au bas de la colline : son église en style gothique flamboyant de toute beauté, son clocher longiligne de 50 mètres de haut et la gargote étoilée et renommée de Marc Meneau.

Vézelay - Musée Zervos

Vézelay – Musée Zervos

Enfin, pour les amateurs d’art contemporain, ne ratez surtout pas le musée Zervos. Critique d’art durant la moitié du XXe siècle (en gros entre 1920 et 1970), Christian Zervos a côtoyé nombre d’artistes renommés qui lui léguaient de temps à autre une œuvre. Moralité, il a pu accumuler une collection impressionnante de peintures, sculptures, dessins… Vous pourrez voir des pièces de Dufy, Léger, Calder, Picasso, Le Corbusier, Ernst, Giacometti, Kandinsky, Poliakoff, de Staël… une vraie encyclopédie de l’art contemporain ! Et en plus, la maison qui accueille les collections est superbe et il n’y a pas grand’monde (du moins quand j’y suis allé).

Si vous avez l’occasion de passer dans ce village le soir, profitez-en, tout y est plus calme et reposant.

Bonne promenade !

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