Étiquettes

,

Cela faisait longtemps qu’Artetvia n’avait pas écrit de notice sur une exposition, la dernière était consacrée à Waterloo à la bibliothèque Paul-Marmottan. Aujourd’hui, filons à Neuilly.

« D’où vient donc l’étrange attirance de ces régions polaires […] d’où vient le charme inouï de ces contrées pourtant désertes et terrifiantes ? ». Cette question, Jean-Baptiste Charcot (1867-1936) se la posera durant toute sa vie de médecin explorateur ; une mystérieuse attirance qui lui donnera une stature de héros national… et finalement l’emportera.

Jean-Baptiste CharcotNé à Neuilly-sur-Seine en 1867, fils d’un neurologue de renom (le « fondateur » de la maladie qui porte son nom), le jeune Jean-Baptiste est envoyé dans la très élitiste et très laïco-protestante Ecole Alsacienne où il fait montre d’un grand talent pour le sport : plus tard, il sera champion de France de rugby et médaillé olympique en voile aux Jeux de 1910. Ses études de médecine achevées – il est docteur en 1895 – Charcot se tourne très vite vers les voyages et les explorations maritimes : remontée du Nil, croisières scientifiques au nord de l’Ecosse (îles Shetland, îles Hébrides), en Islande… Les régions froides l’attirent. Il passera donc le restant de ses jours à explorer les dernières contrées inconnues de la planète : les pôles. Deux grandes expéditions en Antarctique, dont des hivernages, puis, après la guerre, des voyages dans le nord : Islande, îles Féroé, Groenland. Cartographie, météorologie, zoologie, botanique, ethnographie (avec notamment Paul-Emile Victor), ses études sont complètes, précises et de grand intérêt. On lui doit en particulier une cartographie exceptionnelle des côtes de l’Antarctique. Le 16 septembre 1936, le Pourquoi pas ? fait naufrage sur les côtes d’Islande lors d’une violente tempête – personne ne survit sauf un timonier breton. La France pleure son héros et il a droit, malgré son peu de penchant pour la religion, à des funérailles nationales célébrées à Notre-Dame de Paris.

Jean-Baptiste CharcotNeuilly-sur-Seine l’a vu naître et lui rend hommage aujourd’hui par une courte mais belle et intéressante exposition. De très nombreuses photographies et films d’époque sont présentés, Charcot ayant très tôt senti l’importance de « médiatiser » ses recherches scientifiques. Ces documents exceptionnels permettent au public de s’immerger dans le rude quotidien d’un scientifique de haute volée travaillant dans un environnement particulièrement hostile. On reste d’ailleurs stupéfait des prouesses réalisées avec un matériel qui nous apparaît aujourd’hui comme très rudimentaire. Le confort n’était certainement pas le souci premier de ces héros…

Outre les photos, plusieurs objets sont présentés : des outils scientifiques (savez-vous ce qu’est un courantomètre ?), des maquettes de ces principaux bateaux (le Français et le Pourquoi pas IV ?, tous les deux navires à voiles) et surtout des objets personnels : son épée d’académicien (des sciences), ses nombreuses décorations, et même une paire de ski lui ayant appartenu.

Charcot dans la hune du Pourquoi pas ? (si, si !)

A noter aussi la présence de deux magnifiques tableaux du peintre de marine Marin Marie, qui a participé à deux expéditions avec Charcot.

A visiter absolument au théâtre des Sablons à Neuilly jusqu’au 27 avril 2017. En plus c’est gratuit !

Publicités