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Le duduk ? Le duc de quoi ? Non ? Un canard alors. Non plus. Alors, ne serait-ce pas une fête populaire à Mons en Belgique. Caramba, encore raté.

Le duduk est un instrument de musique. De la famille des aérophones (c’est le terme « scientifique » pour dire instrument à vent) à anche double, comme notre hautbois occidental. Il est le fleuron et le plus emblématique des instruments d’Arménie. Pour les Arméniens, c’est l’instrument qui exprime le mieux l’esprit national – le Volkgeist diraient les Allemands. La légende dit même qu’il remonte au roi arménien Tigrane le Grand, roi d’Arménie entre 95 et 55 avant Jésus-Christ, preuve s’il en est qu’il est ancré dans l’histoire et la tradition de ce pays. Même s’il est joué principalement en Arménie, on le rencontre aussi en Azerbaïdjan, en Iran et en Géorgie.

DudukLe corps de l’instrument est fabriqué le plus souvent en abricotier, un bois relativement tendre, qui est d’abord mis à sécher pendant vingt ans au moins. Après seulement, le facteur pourra creuser le bois pour en obtenir ce curieux instrument au timbre chaud, doux, simple et légèrement nasillard. Le corps est percé de dix trous, huit dessus et deux dessous, soit deux trous de plus que la flûte à bec baroque et quatre que la tin whistle irlandaise (à six trous). L’anche, faite en roseau, est pincée par l’instrumentiste, dont le mouvement des lèvres viennent donner des vibrations supplémentaires qui produisent des effets caractéristiques de la musique arménienne. Contrairement au hautbois, l’instrumentiste gonfle largement les joues pour souffler. Autre spécificité, la main droite n’utilise pas la pulpe des doigts pour boucher le trou, mais une partie légèrement plus basse.

La taille du duduk oscille entre moins de trente centimètres pour les petits modèles à plus de quarante pour les grands, chaque modèle ayant une fonction traditionnelle : les petits pour les danses et les grands pour les chants poétiques.

Le duduk est toujours utilisé en Arménie pour les cérémonies familiales (mariages, funérailles…). C’est un instrument d’extraction populaire, mais qui a été utilisée par plusieurs compositeurs arméniens de musique savante, tels que le Père Komitas (dont la vie et l’œuvre méritent un article à eux-seuls). On regrette simplement qu’il ait été parfois dévoyé pour jouer de la world music insipide, un peu comme la mode de la musique dite « celte », il y a quelques années…

Cela dit, que c’est beau !

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