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Continuons notre abécédaire du théorbe. Evidemment, la fin de l’alphabet est plus difficile à écrire. Je demande l’indulgence du lecteur, pour les quelques « trous », mais aussi pourquoi pas, son aide pour compléter cette liste !

L comme luth théorbé : c’est ainsi que s’appelle un instrument bizarroïde, mi-luth, mi-théorbe. C’est un luth auquel on a ajouté un petit « grand jeu » (voir ce mot dans le dernier article). Cela donne un mini-théorbe, plus facilement transportable. Le luth du XVIIIe siècle était souvent un luth théorbé, avec par conséquent un renfort de cordes graves. Il peut compter jusqu’à 14 chœurs.

M comme manche : le manche permet de soutenir à la fois le petit jeu et le grand jeu. Pour obtenir un son grave, la corde doit être longue (ou grosse, ou tendue). A cet effet, certains instruments sont grands, très grands même. Jusqu’à 1,80 mètre, ce qui en fait le plus grand des instruments à cordes pincées. Certains manches adoptent des formes très étranges, plus esthétiques que réellement utiles.

Théorbe PartitionN comme notation : ami musicien, oubliez vos cours de solfège académiques. Les notes ne sont pas transcrites sur une portée, comme vous en avez l’habitude. Les partitions indiquent la corde qu’il faut pincer (encore faut-il savoir laquelle) et la case sur laquelle il faut appuyer, le rythme étant marqué par une inscription au-dessus de la « portée ». Aïe, si vous voulez jouer du théorbe, tout l’apprentissage est à refaire…

O comme oubli : comme nombre d’instruments de l’époque baroque, le théorbe est tombé en désuétude à la fin du XVIIIe siècle ; en France, la Révolution l’a achevé – c’était un instrument « aristocratique », comme la viole de gambe. Il a été remplacé par la contrebasse, plus puissante. Il est sorti de l’oubli avec le retour à la mode de la musique baroque… et donc des instruments de cette époque.

P comme prix : chut, en France, on ne parle pas d’argent. Bon, un théorbe est un bel instrument, assez rare. Comme ce qui est rare est cher, comptez quand même aux alentours de 5 000 € pour un instrument de bonne facture. C’est sûr, ce n’est pas une flûte à bec en plastique…

R comme rosace : la rosace est l’élément purement décoratif de la table d’un théorbe. Et pourtant, paraît-il, c’est d’abord par elle que le luthier commence à monter son instrument. Si les luths en comportent une seule, les théorbes peuvent en avoir jusqu’à trois. Elle est fabriquée en parchemin. Si, si !

Watteau - FinetteS comme son : le son du théorbe est magnifique. C’est un son rond, grave et faussement puissant. Il est idéal pour l’accompagnement en basse continue. Même dans les petits ensembles instrumentaux, on peut l’entendre distinctement… lorsque les autres se taisent. Et oui, en réalité, ce n’est pas un instrument très sonore.

T comme table : la table est la pièce du théorbe qui permet de faire résonner le son produit par les cordes, un peu comme un tambour. Comme la caisse, elle est construite souvent en épicéa.

U comme utilisation : le théorbe est d’abord un instrument d’accompagnement, des voix ou des instruments « de dessus ». Mais au fur et à mesure du temps, plusieurs compositeurs lui ont consacré des pièces solistes, certaines remarquables et allant jusqu’au bout des possibilités de l’instrument.

V comme Visée : Robert de Visée est sans doute l’un des plus grands théorbistes français. Cet excellent guitariste passait pour jouer le soir des morceaux de guitare pour agrémenter le sommeil du Roi (Louis XIV, qui d’ailleurs était bon guitariste). Il nous a laissé plusieurs Livre de guittarre dédié au Roy.

W comme Watteau : le célèbre peintre valenciennois a peint un théorbe dans son tableau intitulé La Finette, désormais au Louvre et « timbrifié » en 1973.

X, comme Xavier Diaz-Latorre : bon, c’était pour trouver un mot en « X ». C’est l’un des grands théorbistes actuels, jouant notamment avec Jordi Savall, Catalan comme lui.

 

A vous de compléter !!

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