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En France, que cela soit sur les champs de bataille ou dans les stades, on aime rendre hommage aux combattants, surtout quand ils perdent mais… « avec les honneurs ».

Le centenaire des batailles napoléoniennes – victoires ou défaites – a été fort peu médiatisé, il faut le reconnaître. Waterloo ne fait pas exception.

Sauf à la bibliothèque Paul-Marmottan, que les lecteurs d’Artetvia connaissent pour avoir lu un entretien avec sa conservatrice il y a quelques mois.

Nicolas Renard - WaterlooSpécialisée dans l’histoire napoléonienne, la bibliothèque nous propose aujourd’hui une rétrospective sur cette bataille, illustre par son ampleur (200 000 hommes y participent), la notoriété de ses protagonistes, Napoléon, Wellington, Blücher, Grouchy ; illustre car « ces soldats de la dernière guerre furent grands ; ils avaient vaincus toute la terre » ; illustre par ses conséquences sur la géopolitique européenne et tout simplement parce qu’elle a changé le cours de l’histoire de France.

Le parcours, simple, est structuré en quatre temps forts.

  • Le contexte : les Cent-Jours, l’état de la coalition…
  • La bataille elle-même, pendant la campagne de Belgique : la composition des armées et des états-majors, son déroulement, la garde qui ne se rend pas, mais enfin un peu quand même (voyez Goscinny, il faudrait toujours relire régulièrement Astérix…), les considérations stratégiques, tactiques, les faits mémorables – réels ou imaginaires.
  • « Défaite glorieuse et mémoire éclatée » : Waterloo a suscité quantité d’œuvres artistiques ou littéraires. Fait héroïque de l’armée française conduite par un lâche tyran du nom de Napoléon pour les uns. Chute de l’Aigle, trahi par les siens pour les autres… Tout dépend de l’utilisation politique que l’on veut en faire. Les caricatures et pamphlets abondent, la littérature hagiographique également.
  • Et enfin, l’exposition inédite (du moins sous cette forme) d’un artiste contemporain, Nicolas Renard, amoureux éperdu de la geste napoléonienne.

La scénographie est soignée et de bon goût. Les œuvres présentées sont, pour la plupart, des estampes, dessins, lithographies, gouaches et aquatintes (une variante de l’eau-forte), les collections provenant en majorité du fonds de la bibliothèque. Les écrits tiennent une place importante, la bataille étant source d’inspiration inépuisable, d’Hugo à Chateaubriand, en passant par Veuillot ou Stendhal. Le cinéma n’est pas oublié, avec les affiches des films de Karl Grune (1929), Sergueï Bondartchouk (1970) et… Mussolini (pas Benito mais son fils Vittorio). On y voit même le vieux vinyle du tube d’ABBA !

Waterloo à MarmottanOn note la présence notable de cartes détaillées de la bataille, de dessins des troupes de toute beauté (amateurs d’uniformes, venez !)… et de l’original de la page d’Astérix chez les Belges qui évoque Waterloo (la garde meurt mais ne se rend pas – Mais si elle se rend) où l’on peut admirer de près la qualité du dessin d’Uderzo. Quant aux dessins et peintures de Nicolas Renard, elles sont fort réussies, avec une nette préférence pour les dessins à l’encre en petit format. L’artiste s’attachant au mouvement plus qu’aux détails, les représentations de charges de cavalerie ou d’infanterie sont particulièrement évocatrices.

L’originalité de cette exposition ? Présenter Waterloo non pas seulement comme une bataille (une défaite qui plus est !), mais aussi comme un « moment clé » de l’histoire française. Présenter Waterloo à partir d’œuvres françaises mais aussi étrangères, la bataille vue de l’autre côté donc !

Une exposition dont l’intérêt est tout autant historique qu’artistique.

Cela se passe du 15 avril au 11 juillet, 7 place Denfert-Rochereau à Boulogne-Billancourt (et pas à Paris, attention). Mercredi au vendredi : 9h30-13h/14h-18h – Samedi : 9h30-13h/14h-17h.

Plus d’informations sur le site de la mairie.

 

 

 

 

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