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Hé non, malgré son (sur)nom, elle n’est pas la camarade de jeu de Lulu la Nantaise ou Pamela Boum-boum, danseuse légère aux Folies Bergère dans les années 30 ou taulière d’un bar louche en Indochine ! Lili Boulanger est musicienne et compositeur. D’une carrière aussi brillante que courte !

Lili BoulangerLa musique ? Elle est y tombée à la naissance. Un père compositeur et chanteur, une mère cantatrice et une grande sœur musicienne : avec cette hérédité, soit on tourne totalement le dos à la musique en réaction, soit on devient un génie. Juliette-Marie fait le deuxième choix. De santé fragile, on dit qu’elle sut déchiffrer une partition avant de savoir lire. Ses premiers cours de piano lui sont donnés par sa sœur Nadia et un ami de la famille, un certain Gabriel Fauré. A six ans, elle chante déjà des mélodies, accompagnée par le compositeur. Elle apprend aussi à jouer du violon, du violoncelle et de la harpe. Mais elle décide de se consacrer à l’écriture. Pendant plusieurs années (1909-1912 ?), elle se forme à la composition au Conservatoire de Paris, entrecoupées d’arrêts dus à sa maladie. En 1913, elle remporte le prix de Rome en composition – première femme à recevoir cette distinction – pour sa cantate Faust et Hélène. En 1914, elle s’installe à la Villa Médicis, la quitte pour cause de guerre, comme tous les artistes y résidant, puis à Nice où elle continue à composer. Elle revient à Rome en 1916 mais sa santé se dégrade et rentre alors en région parisienne où elle meurt en 1918, à l’âge de 24 ans. Elle venait de dicter à sa sœur sur son lit de mort son ultime œuvre un Pie Jesu pour voix, cordes, harpe et orgue.

On compte une soixantaine d’œuvre de sa main (celles antérieures à 1911 ont été détruites par Lili elle-même), dont certaines inachevées. Par exemple : Ave Maria, pour voix et orgue (1908), Soleils de septembre, pour chœur et piano (1912), Faust et Hélène, cantate (1913), Dans l’immense tristesse, pour chant et piano (1916)…

Ses compositions abordent la musique sacrée, les pièces orchestrales ou vocales profanes. Son style est très « français » du début du siècle (sans blague !), fortement influencé par Fauré. C’est une musique délicate, émouvante et colorée. Les thèmes qui l’ont inspirée sont essentiellement bibliques ou mystiques. Dommage qu’elle ait vécu si peu de temps : en même temps, le génie n’attend pas et la maladie est une source créatrice exceptionnelle. Consciente de sa fragilité physique, Lili Boulanger composera avec frénésie.

J’ai eu personnellement le plaisir de chanter « Pour les Funérailles d’un soldat » : honnêtement, la musique de Lili et le texte de Musset se marient à merveille, c’est grave et puissant et en même temps magnifique. A déguster !

Peut-être sa pièce la plus connue.

D’un soir triste

 De Profundis

 Pour les funérailles d’un soldat – Enregistrement de mauvaise qualité hélas.

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