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Il ne fait pas beau : froid, pluie, brouillard. Les ponts, viaducs et autres jours fériés vous laissent quelques loisirs, la situation nationale est morose et maussade : si vous restez à Paris et ne pouvez changer d’air, tâchez au moins de vous aérer l’esprit.

Trois conseils pour le menu du jour

En entrée : l’exposition consacrée au Trésor du Saint-Sépulcre, au château de Versailles

Une exposition fascinante, à voir absolument. Fondé après la première croisade (1099), l’Ordre du Saint-Sépulcre est un ordre religieux dont la mission principale était la garde et la « gestion » des lieux saints, y compris la vie liturgique. Obligé de quitter progressivement la Terre Sainte entre les XIIème et XIIIème siècles, l’Ordre s’installera en Occident jusqu’à sa dissolution pontificale en 1489, avec des survivances beaucoup plus tardives dans certains pays. Il est recréé en 1847, avec pour principale activité le soutien au patriarcat latin de Jérusalem (soutien aux paroisses, écoles, orphelinats…).

Versailles - Trésor du Saint Sépulcre

Versailles – Trésor du Saint Sépulcre

Tout ça pour dire qu’au cours de son histoire, l’Ordre a pu bénéficier de largesses des différentes cours princières d’Europe, soucieuses de soutenir la présence chrétienne à Jérusalem et de s’assurer une paisible vie éternelle. De ces nombreux présents, nous pouvons en voir aujourd’hui environ 250. Uniquement des pièces d’exception : orfèvrerie, bijoux, paramentique, peintures… Je ne vous en dis pas plus, allez-y ! Le conseil du radin : le billet d’entrée comprend la visite de l’exposition et du château. Si vous préférez ne visiter que l’expo, rendez-vous y après 16h, ce sera deux fois moins cher.

http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/expositions/tresor-du-saint-sepulcre

En plat principal et roboratif, la troisième symphonie de Mahler, mise en ballet à l’Opéra Bastille.

Des dix symphonies de Mahler, la troisième est la plus longue : plus d’une heure et demie. L’orchestre est puissant, notamment huit cors, quatre trombones et quatre tubas. Les six mouvements sont de durée très inégale, avec une solide première partie, portée par les cuivres et les percussions. Autre particularité : au quatrième mouvement, on assiste à la douce entrée d’une mezzo, chantant un extrait d’Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Quant au cinquième mouvement, on entend, sans les voir, un chœur de femmes et un chœur d’enfants qui interprètent un extrait de Des Knaben Wunderhorn, autre œuvre magistrale de Gustav. Quant au dernier mouvement, j’avoue qu’il m’a semblé un peu long, et que la fin n’en finit pas – un peu comme un discours où vous entendez « pour conclure » et qu’en fait, vous en avez pour vingt minutes avant la fin réelle.

Mahler - Troisième Symphonie

Mahler – Troisième Symphonie

La chorégraphie est particulièrement réussie où alternent des passages résolument contemporains (notamment le premier mouvement, viril, sauvage – le thème est le monde originel (post lapsaire ?) – donc place à la nature farouche, aux bêtes féroces et aux hommes de Cro-Magnon) et d’autres beaucoup plus classiques (deuxième et troisième, presque pastoraux). Le dernier mouvement débute par un passage de danse seule, sans musique assez impressionnant. Honnêtement, on passe un bon moment.

http://www.operadeparis.fr/saison_2012_2013/Ballets/troisieme-symphonie-de-gustav-mahler/detail/

En dessert, fin et léger, la nuit aux Invalides (ben aux Invalides quoi). Un spectacle éblouissant de colorisation de la cour intérieure des Invalides, à travers l’évocation de trois personnalités de l’histoire militaire française : Louis XIV, Napoléon et De Gaulle. Les textes sont de grande qualité, dits par les voix intemporelles d’André Dussolier et de Jean Piat. On y parle d’honneur, de grandeur, de patrie, de devoir et de mémoire, toutes valeurs qui manquent à notre génération désenchantée (comme le chante MF, une grande philosophe).

Côté visuel, et bien chapeau : la cour des Invalides s’anime, s’enflamme, dans un tourbillon de couleurs et de sons. On y croise les épopées de ceux qui ont fait l’histoire de ce lieu, sans oublier quelques touches d’humour de bon aloi. Un moment magique et plein de grâce !

http://www.lanuitauxinvalides.fr/

La nuit aux Invalides

La nuit aux Invalides

Bon appétit !

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