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C’est un petit bijou posé au milieu d’une campagne assez quelconque – on ne pourrait pas dire sans âme vue/vu (les grammairiens sont divisés) l’histoire dramatique de cette région – à quelques kilomètres de Nantes : le Logis de la Chabotterie, à Saint-Sulpice-le-Verdon.

Logis de la Chabotterie- Vue générale

Logis de la Chabotterie- Vue générale

Le bâtiment principal a été construit entre le XVème et le XVIIIème, admirablement restauré à grands frais par son actuel propriétaire, et qui conserve malgré tout une grande unité de style. Aucune symétrie, mais de l’équilibre, aucune prouesse architecturale violente, mais de la douceur et de la tranquillité. Même la tour nord n’est pas intimidante.

Logis de la Chabotterie - Les jardins

Logis de la Chabotterie – Les jardins

Le jardin clos de l’arrière-cour a été redessiné en jardin renaissance où alternent les carrés de buis embrassant des plantes médicinales et autres simples, et les tonnelles fleuries où chantent les oiseaux. Le tout s’achevant par une douve emplie d’eau quasi invisible que l’on appelle un haha (cri de surprise du promeneur quand il la voit au dernier moment juste avant d’y tomber – ils avaient de l’humour au XVIIIème). Bon, à dire comme ça, ça fait un peu cucu-la-praloche, mais honnêtement, c’est très beau. Durant l’été, on peut même y voir déambuler quelques créatures costumées racontant – avec un fort accent local – l’histoire des lieux.

Les différentes salles ont été aménagées en intérieurs campagnards du XVIIIème : en y pénétrant, on entre chez des gens, avec la salle-à-manger et sa vaisselle pas débarrassée de la table, le salon où crépite un vrai-faux feu, des combles où loge et lutine la domesticité, la petite chapelle renaissance ou traînent quelques livres de piété…

La salle à manger

La salle à manger

La muséographie est plutôt sympa, arrivant à recréer une ambiance, pour tous les sens : vue, ouïe, toucher, pas encore odorat, quoique… L’environnement direct est superbe : pelouses où paissent une bande de baudets du Poitou, allées cavalières, labyrinthe végétal, carrière équestre et bosquets épanouis…

Charette

Charette

Mais surtout, pour qui connaît l’histoire de la Vendée militaire, la grande épopée de ses aristos poudrés et de ses paysans boueux, les ravages des sinistres colonnes infernales et les massacres en tout genre, le Logis de la Chabotterie est un lieu emblématique. C’est là en effet que le chef vendéen le plus brillant, le plus politique sans doute, François-Athanase Charette de la Contrie, y fut arrêté avant d’être emmené et fusillé à Nantes, place Viarme (dans ma prime enfance une croix y indiquait le lieu d’exécution, peu entretenue par la mairie qui avait placé juste à côté une station service glauque, mais bon, le maire de l’époque s’appelait… ah zut, j’ai oublié, en tous cas ce n’était pas un héros).

Le héros, lui, quasi hollywoodien qu’est Charette est honoré au Logis, avec un parcours animé retraçant quelques scènes de la vie de ce personnage haut en couleurs : on frissonne, on frémit, on frétille.

Et puis, durant les mois d’été se déroule un festival de musique baroque qui accueille les plus grands : Christie, venu en voisin, Niquet, Savall… et dont la direction artistique est confiée à Hugo Reyne et sa Simphonie du Marais, en demeure en la demeure. Les concerts se déroulent soit dans les églises des villages environnants (pour la musique sacrée), soit dans les jardins pour les spectacles de journée, soit dans les communs du Logis pour les petits ensembles, ou bien dans la cour dudit Logis : j’ai le souvenir ému d’une création d’une œuvre de Lully, avec chanteurs, danseurs et musiciens costumés, sous la voute étoilée, suivi d’un feu d’artifice musical dans les jardins. Magique !

Concert dans la cour

Concert dans la cour

Enfin, dans les communs, vous pourrez vous ruiner (quoique) dans le restaurant Thierry Drapeau qui a décroché désormais deux étoiles au guide (nunc est) Bibendum. J’avoue n’y être jamais allé, mais il paraît que c’est le meilleur jambon grillé / mojettes (une sorte de gros flageolet vendéen) de tout le Bas-Poitou ! Bon appétit !

La semaine prochaine, j’aurai la joie de vous présenter un invité de marque, travaillant dans l’un des lieux culturels les plus prestigieux de France ! Alors, restez connectés !

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