Étiquettes

, , ,

Aujourd’hui, quittons Paris, sa foule, sa pollution et son métro, et allons faire du tourisme en Bourgogne, à Tournus. Sise entre Chalon et Mâcon, pas très loin de Cluny, tout proche de Chapaize et son célèbre curé (pour qui a lu les récits cynégétiques du marquis de Foudras), Tournus est une petite et ancienne cité qui s’allonge en bord de Saône, la vieille ville formant un quadrilatère parallèle au fleuve. C’est une bourgade « normale », avec sa bibliothèque pour tous, son école Françoise Dolto (en fait, non il y a juste une école Jean Galopin, sans doute une personnalité locale), son bâtiment de gendarmerie assez laid, sa poste qui ouvre de 10h à 12h et de 14h à 16h… bref rien d’extraordinaire.

Tournus - Vue générale

Tournus – Vue générale

En fait si !

Outre les différents marchands de vins (la ville est à 50 kms de Beaune et 30 kms de Mâcon, vous pouvez imaginer le contenu des caves), Tournus peut s’enorgueillir de deux ensembles architecturaux exceptionnels : l’Hôtel-Dieu et l’abbatiale Saint-Philibert.

Tournus - Hôtel-Dieu

Tournus – Hôtel-Dieu

Grâce à Louis de Funès, l’image de l’Hôtel-Dieu, avec sa série de lits à rideaux et sa Mère supérieure à poigne, est bien connue. A Tournus, c’est pareil mais en plus petit. Plusieurs salles pour les malades, des chapelles, des espaces de préparation des médicaments… le tout dans un bâtiment du XVIIème portant une décoration peinte avec goût. Après avoir été utilisé jusque dans les années 1950 (si, si), il a été restauré de belle manière et présente notamment de surprenantes collections d’objets médicaux du XVIème au XVIIIème. A défaut d’être pratiques et de contenir des breuvages efficaces, les pots à onguents et autres apothicaireries en faïences étaient vraiment beaux !

Tournus - Hôtel-Dieu

Tournus – Hôtel-Dieu

L’Hôtel-Dieu abrite également le musée Greuze, enfant de la cité. Deux salles lui sont consacrées, notamment une belle collection d’esquisses. Le reste est un peu un fourre-tout, mais comme le bâtiment est (très) joli et les collections bien présentées, on y passe un agréable moment. Bien sûr, il faut aimer les silex paléolithiques, les fibules néolithiques, les torques gaulois, l’art français du XVIIème et même un peu l’art contemporain. Il y a quelques années, je me souviens d’avoir visité ce musée avec un ami qui ne comprenait pas comment on pouvait s’extasier devant un bout de métal un peu rouillé sorti des eaux limoneuses du grand fleuve : le pauvre, il avait fini toutes les salles quand j’en étais encore à la toute première !

Tournus est surtout connue pour son abbatiale Saint-Philibert, un joyau de l’art roman. Il serait fastidieux de vous la décrire par le menu, les photos étant à elles seules très parlantes… et puis j’espère qu’après cet article vous y courrez (avec deux « r », c’est du futur) pour l’admirer.

Tournus - Abbatiale Saint-Philibert

Tournus – Abbatiale Saint-Philibert

En vrac : un narthex imposant, une crypte comportant de multiples chapelles, un chœur lumineux, un cloître attenant incomplet mais en bon état, des voutes en berceaux culminant à vingt mètres, des piliers ronds, roses et robustes.

Tournus - Mosaïque

Tournus – Mosaïque

Et ensuite : un déambulatoire présentant de magnifiques mosaïques du XIIème redécouvertes il y a à peine dix ans, une partie des reliques de Saint-Philibert (les autres étant soit volées – quelles idées !, soit à Saint-Philibert de Grandlieu près de Nantes), un orgue au buffet du XVIIème et assez sonore – j’en ai fait l’expérience, en plus l’acoustique ne fait qu’accroître les possibilités de l’instrument – un mobilier liturgique contemporain, œuvre de Goudji, qui s‘intègre bien dans l’architecture romane – c’est si rare – et surtout une pierre rose, oui rose, notamment sur le clocher de plan carré, pierre venant du village de Préty, à quelques kilomètres de Tournus, sur la rive gauche.

Tournus - Façade de Saint-Philibert

Tournus – Façade de Saint-Philibert

Pour la restauration de l’abbatiale, on a même dû réouvrir les carrières médiévales car c’est une pierre extrêmement particulière. Le tout donne un bâtiment équilibré, très clair, chaleureux, bien entretenu et pas trop envahi de touristes. A voir absolument, surtout que la ville offre aussi d’autres richesses : églises Sainte-Madeleine et Saint-Valérien, rues pittoresques et vivantes, façades colorées…

Et pour le côté « dépliant d’office de tourisme », pour vous loger, n’hésitez pas à contacter mes amis Philippe et Catherine qui proposent un gîte tout confort, le Domaine d’Emilie, à quelques kilomètres de Tournus.

Site de l’Office de Tourisme : http://www.tournugeois.fr

Publicités