Étiquettes

,

Il est né à Nantes en 1919. Mort en 2010 à Batz-sur-mer, il aura consacré sa vie à la sculpture : il s’appelle Jean Fréour.

Jean Fréour

Jean Fréour

Son style est très personnel (ben autrement, ce ne serait pas son style…) : à moitié classique, à moitié de son temps (la deuxième partie du XXème) et à moitié de tendance bretonne.

Fréour - Saint Malo

Fréour – Saint Malo

Dans sa jeunesse, Fréour fut membre des Seiz Breur, mouvement des années 20 à 40 qui voulait renouveler l’art breton, en conservant un vocabulaire traditionnel et une identité clairement bretonne, mais en utilisant de nouvelles formes d’expression et de nouveaux matériaux, pour se démarquer du folklore qui tourne souvent à la caricature : on est assez loin de l’image de la bigouden en sabots mangeant des crêpes devant un menhir à Paimpol et sa falaise (qu’elle n’a pas d’ailleurs) en compagnie de poulpiquets et autres korrigans. Dans les semaines à venir, j’écrirai sans doute d’ailleurs un article complet sur ce mouvement assez original et sans doute unique en France. Toujours est-il que Fréour est un sculpteur ancré dans son terroir, mais qui garde la tête dans les étoiles.

Fréour - Saint Conwoion

Fréour – Saint Conwoïon

Homme d’une foi profonde, l’art sacré tient une place particulièrement importante dans son œuvre. On lui doit de nombreuses statues de saints, notamment des saints bretons (Malo, Conwoïon – ça ne s’invente pas…), des Vierges et des sainte famille. Sa production profane est aussi très riche, avec des œuvres magistrales comme la statue d’Anne de Bretagne placée près du château de Nantes (que je trouve un peu lourde malgré son port altier, mais peut-être que c’est fait exprès, elle fait davantage bonne paysanne bretonne que duchesse boiteuse), la paludière (le village de Batz-sur-mer, où il a vécu et travaillé une grande partie de sa vie, est au milieu des marais salants)… ou la statue de Glenmor (un artiste alcoolo chantre de l’identité bretonne – un grand Monsieur) dans le splendide parc du Thabor à Rennes.

A la fin de sa vie, il s’est remis à étudier le nu féminin de sa prime jeunesse, avec un certain succès. On peut aussi admirer plusieurs bas-reliefs très « architecture sacrée des années d’après-guerre ». Le tout dans des matériaux assez variés : granit, bois, onyx, pierre bleue de Nozay (un type de schiste)…

Fréour - Anne de Bretagne

Fréour – Anne de Bretagne

Fréour a un style très « incarné », loin d’un sentimentalisme exacerbé ou d’un hyper-réalisme déprimant : ses personnages masculins ne sont ni des athlètes body-buildés genre Breker, ni des jouvenceaux hermaphrodites, ses femmes sont belles à souhait (on peut tout à fait admirer à la fois le Créateur et ses créatures !). Tous ont un regard très profond, comme si le sculpteur y cherchait le tréfonds de l’âme humaine. Les lignes sont plutôt sobres sans être épurées pour autant, à quelques exceptions près, sans fanfreluches ni raccourcis spectaculaires. Le dynamisme vient de l’intérieur, le mouvement des corps restant maîtrisé.

Fréour - Sainte Famille

Fréour – Sainte Famille

Même si les mauvaises et méchantes langues disent qu’il était invivable au quotidien, nous ne pouvons qu’admirer l’œuvre d’un artiste qui décrivait sa vie de sculpteur comme « une vie de patience, de très long travail et d’amour silencieux ». Tout est dit.

Fréour - Nu

Fréour – Nu

Où voir ses œuvres ?

Pour admirer les créations de Jean Fréour, il faut vous rendre tout au sud de la Bretagne, du côté de Guérande. Vous pouvez les admirer dans les églises de Mesquer, Joué-sur-Erdre, Quimiac, Batz, La Baule, Villepot… ainsi que sur les places publiques de Nantes (cour du château), Batz, Cancale, Saint Jean de Monts…

Publicités